Ananda Coomaraswamy

L'art de l'ornementation

La « Concaténation » de Léonard de Vinci et autres motifs

À l’occasion de la commémoration de la mort de Léonard de Vinci et de l’exposition « Léonard de Vinci décodé » au Musée de la franc-maçonnerie, cet ouvrage se propose d’examiner un motif ornemental célèbre qui servit de marque pour l’atelier du peintre de la Joconde. Cet ornement ne lui est cependant pas propre et parcourt la Renaissance. On le retrouve chez d’autres artistes tels que Dürer et des organisations initiatiques telles que la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage en ont conservé un écho dans leur chaîne d’union. À travers ces motifs et d’autres encore, c’est la signification intérieure des ornements que met à jour Ananda Coomaraswamy, un spécialiste des religions comparées de renommée internationale. Tous reposent sur une valeur symbolique par laquelle ils peuvent s’avérer des supports de méditation et d’orientation pour ceux qui les utilisent.
La signification du « puzzle décoratif » de Leonardo - qui, d'un point de vue oriental, doit être considéré comme un mandala - ne sera réalisée que si l'on y voit la projection plane d'une construction contemplée de son point culminant. La concaténation de Leonardo est une carte de l'univers en même temps qu’un nœud universel, « un lien qui jamais ne se dénoue » selon les termes de Dante.




Concrètement, ce recueil donne accès à une sélection de deux types d’articles, une première partie consacrée à l’art de l’ornement traditionnel ainsi qu’à des exemples d’ornementation plus ou moins connus et une seconde qui porte plus sur la théorie spirituelle de l’art en s’appuyant sur des sources chrétiennes, hindoues et bouddhistes ainsi qu’issues des arts premiers.

L’ensemble vient combler une lacune éditoriale d’importance en donnant enfin accès à des textes fondamentaux d’un auteur majeur devenus inaccessibles au public.

L’idée au cœur de ce recueil est que, d’une façon générale, une œuvre d’art, qu’elle soit majeure ou mineure, se devait de satisfaire aux besoins de l’âme aussi bien que du corps ou de l’intellect et qu’elle ne contient rien qui ne saurait être mis en relation avec des écrits canoniques ou des commentateurs éclairés. Toute œuvre traditionnelle obéit à un certain nombre de critères dont le principal demeure l’anonymat de l’artiste qui tend à œuvrer non lui mais Dieu à travers lui. Il ne s’agit pas, pour lui, de produire une œuvre originale mais plutôt originelle. Pour étayer son propos, Coomaraswamy s’attache à quelques exemples d’ornementation, dont justement la Concaténation de Léonard de Vinci et les Nœuds de Dürer, dont, comme on l’a dit, il montre les ramifications qu’ils entretiennent avec tout un ensemble d’autres œuvres de l’antiquité à nos jours, des labyrinthes aux arabesques.

Article après article, Coomaraswamy aborde non seulement la signification de l’ornementation mais aussi le choc esthétique reliée à une réalisation spirituelle que les œuvres avaient pour but de provoquer. Il voit dans les motifs ornementaux non de simples figures de style mais de véritables façons de penser. Il développe aussi, dans le cadre de cette esthétique, l’importance de l’intention et de l’imitation ou encore du symbolisme. Il en ressort que, loin d’être une simple compilation d’articles pour spécialistes, ce volume constitue une introduction permettant au lecteur non-spécialiste de pouvoir comprendre certaines subtilités théologiques et esthétiques au cœur d’œuvres que ce regard permet d’approcher différemment.

Le tout constitue un recueil d’une extrême densité dont chaque page révélera de nouveaux prolongements à chaque lecture et dont chaque article est une invitation faite au lecteur d’approfondir son propos et d’éduquer son regard.

Ces études s’adressent aussi bien aux curieux qu’aux universitaires ou encore aux amateurs d’ésotérisme et de symbolisme ou simplement d’art, bref, à toute personne désireuse de découvrir d’autres modes de pensée que le sien et qui souhaite s’ouvrir aux cultures du monde. Bien que remontant à la première moitié du XXème siècle, ces essais conservent toute leur pertinence et proposent à chacun des perspectives d’une permanente actualité au même titre que ceux de Guénon, dont ils s’inspirent, et de Mircea Eliade qu’ils influencèrent.

Ils offrent un éclairage inédit en montrant qu’œuvres d’art majeures ou mineures n’étaient pas séparées de conceptions métaphysiques profondes et obéissaient, dans les sociétés traditionnelles anciennes, à de mêmes critères : l’œuvre devait satisfaire aussi bien aux besoins de l’âme que du corps ou de l’intellect.

Il s’agit d’écrits qui, de plus, ont attirés l’attention aussi bien d’artistes comme John Cage, Albert Gleizes ou, de nos jours, Bill Viola que de personnalités telles que, par exemple, T.S. Eliot ou Aldous Huxley dont son recueil La Philosophie éternelle lui doit énormément.

Ce volume est le premier d’une série de recueil thématiques présentant l’œuvre de cet historien d’art, conservateur au Boston Museum of Fine Arts et métaphysicien.

Ces traductions sont, pour la plupart, inédites en français.

À noter : un travail d’édition a été effectué à partir des manuscrits d’origine annotés par l’auteur et en introduisant ainsi, pour certains, des compléments qu’on ne trouve dans aucune édition même anglosaxonne.

Considérer l'art comme une valeur essentiellement esthétique est un développement extrêmement moderne ainsi qu'une vue toute provinciale.
Coomaraswamy

Format : 14 x 22
Reliure : broché
272 pages
Parution : août 2019

ISBN : 978-2-37650-037-7

Prix : 24,90 €

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