Neyef

Neyef est le pseudonyme de Romain Maufront. Né le 28 août 1984 à Epernay, il a des origines franco-vietnamienne, français par son grand-père qui était légionnaire et vietnamien par sa grand-mère vietnamienne à qui il voue un amour profond et jouera un rôle décisif dans sa façon d’appréhender le monde. Il passe la majorité de son enfance en Allemagne où il commence à dessiner en recopiant les personnages de Dragon Ball Z. C’est là aussi où il découvre les camps d’extermination et comprend à l’âge de dix ans que de la violence n’est pas que graphique mais peut devenir très réelle, c’est un choc qui parcourt encore toutes ses bandes dessinées aujourd’hui.

Après le lycée, il étudie quatre ans à l’école d’arts appliqués Pivaut de Nantes. Après quoi il crée avec des amis un fanzine Le Chakipu qui durera quelques numéros. Ensuite les choses s’enchaînent pour lui. Par un ami qui travaille chez Ankama, il apprend que la jeune maison d’édition recherche des dessinateurs pour animer une collection de mangas tirés de leur univers de jeux vidéo Dofus. C’est ainsi qu’il dessine son premier livre suivi d’un autre one shot, Ce goût, bd expérimentale sur la folie.

C’est donc chez Ankama, qui se révèle une maison d’édition extrêmement créative et qui n’a pas peur d’innover, qu’il fait la connaissance de Run qui lui propose de collaborer à sa revue, Doggy bag. Le trimestriel repose sur un concept simple : « trois histoires, trois dessinateurs » et d’un état d’esprit : récits mêlant série B, très bad ass, culture américaine, avec un arrière-fond social et politique pas forcément correct mais toujours dénué d’hypocrisie et porté par une réjouissante franchise, bref, il rejoint la petite bande que Run met sur pied avec Maudoux, Singelin et Bablet et devient lui aussi un despérado de la bd. Ses collaborations sont suffisamment fortes et singulières pour qu’il ait carte blanche pour dessiner en solo un numéro hors-série, South Central Stories. Qu’il enchaîne avec un triptyptique se déroulant dans le bayou et intitulé justement Bayou Bastardise (sur scénario d’Armand) où son style, volontiers grinçant et grimaçant au début, s’affine et s’épure au fil des tomes d’autant mieux qu’entretemps il aura collaboré sur scénario de Run à un comics, Puta Madre, dans le prolongement de l’univers de Mutafukaz et qui rencontre un assez bon écho public.

Au terme de ces collaborations, il souhaite quitter l’Amérique contemporaine et urbaine pour les grands espaces et dessine un western, son premier chef-d’œuvre, Hoka hey !, sans doute un des albums les plus marquants de l’année 2022 et un véritable tournant dans son œuvre, attirant l’attention d’un public de tous âges et très diversifié. Il y développe les préoccupations dont il a pris conscience enfant au contact de sa grand-mère vietnamienne : appartenance à une culture, héritage de la colère, arrachement au milieu d’origine, etc. À travers le personnage de Georges, l’indien acculturé qui s’interroge sur qui il est, c’est une véritable plongée sur ses propres racines en même temps qu’une réflexion sur la société contemporaine et sécuritaire avec son objectif déclaré : une uniformisation sociale et culturelle.

Neyef s’impose comme un des nouveaux auteurs les plus importants d’aujourd’hui et à suivre au même titre que Mathieu Bablet et les principaux dessinateurs du Label 619 (Run, Maudoux et Singelin) désormais édité par la dynamique maison d’édition Rue de Sèvres qui, au fil du temps, est en train de réunir les meilleurs talents actuels dans des projets de qualité.

Hoka hey ! a reçu le prix des libraires Canal BD 2023.

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Hoka hey !

Parution : juin 2023

Hoka hey !

Neyef

Plus que 7 exemplaires !
Edition cartonnée, numérotée et signée, finition en nubuck avec marquage à chaud, ex-libris, papier 170 gr.
Format : 24,5 x 34,5 - 280 pages couleurs