Jean-Luc Coudray

Jean-Luc Coudray est l’auteur d’une cinquantaine de livres (parus notamment au Seuil, Hachette, chez Odile Jacob, etc.). Il écrit des nouvelles, des textes courts, des récits, des aphorismes, ainsi que des réflexions sur la décroissance. Ayant un goût pour la synthèse, il penche pour une écriture condensée, où l'humour et la poésie se rencontrent dans des raccourcis ou des rapprochements inattendus, sous forme de paradoxes. Il a été primé à Angoulême (Alph-Art coup de cœur).

Il s’est présenté aux élections législatives du 10 et 17 juin 2007 dans la première circonscription de Gironde en représentant le Parti pour la Décroissance et collabore d’ailleurs régulièrement au journal La Décroissance.

Dans L’Avenir est notre poubelle - l’alternative de la décroissance (paru chez Sulliver), il développe cet aspect de sa recherche sous la forme d’un recueil de plus de 60 textes de réflexions sur des thèmes autour du thème de la décroissance. Leur style relève à la fois d'une réflexion et d'un travail littéraire, mélange d'objectivité et de subjectivité. Il cherche à y aborder les thèmes écologistes par le biais de la sensibilité, en utilisant son ressenti comme outil d'analyse, et en tentant de faire des liens entre des aspects apparemment disparates du monde.

Son Guide philosophique des déchets en est le prolongement. Tout comme il l’est de ses Guides précédents, Guide philosophique de l’argent (édition du Seuil) et Guide philosophique du malade (édition Bethy).

Il a publié récemment Océan cherche avenir aux éditions Zeraq, recueil de nouvelles d’anticipation écologique sur la mer, où il tente de toucher le public par l’imaginaire et la sensibilité, puisque les arguments rationnels et chiffrés ne semblent pas le convaincre. Dans le même esprit, il prépare Chroniques terriennes (à paraître aux éditions i et dont on pourra lire de temps à autre des extraits dans le blog 50 nuances de vert auquel il participe) où il évoque des scénarios plausibles de notre avenir proche si nous laissons la planète sans défense.

Même si sa récente bande dessinée, dessinée par son frère Philippe Coudray, Les Ovniens, publiée à la Boîte à Bulles, ne parle que d’extraterrestres, elle est, elle aussi, un prétexte pour quelques critiques du comportement humain dans la bouche des humanoïdes.

Né en 1960 à Bordeaux, qu’il n’a jamais quitté, sauf quatre années en Tunisie de dix à quatorze ans, Jean-Luc Coudray a été éduqué dans le discours de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, deux amis du cercle familial dans son enfance, et deux précurseurs de la pensée écologique et de la réflexion sur la technique. Il a ainsi développé une sensibilité irascible qui lui sert d’étalon pour son analyse critique, toujours développée avec humour.

Très vite, il choisit de ne s’occuper que de ses textes et de ses dessins. Même s’il écrit surtout et dessine peu. Il dit de son travail : « Mes dessins sont de profil comme des lettres typographiques. Mes textes sont souvent courts comme des dessins. »

 Il déteste raconter pour raconter. Les comportements ou pensées de ses personnages sont toujours mus par autre chose que la logique narrative.

Ses premières publications se font sous forme de dessins dans la presse (Télé-Sept-Jours et Sud-Ouest-Dimanche puis Le Psikopat illustré).

Son premier ouvrage paraît en 1987. Il s’agit d’un portfolio, Monsieur Mouche, illustré par Moebius. Ses premiers livres voient le jour à partir de 1989. À part Le mouton Marcel, le seul « texte jeunesse » qu’il a écrit (avec L’arbre et l’enfant et Pensées à déplier), il publie tout d'abord dans le domaine du dessin d'humour (Drôles de Manchots et Drôles de Chats avec des dessins de son frère Philippe Coudray) et la bande dessinée (Séjour en Afrique avec Alain Garrigue).

Il collaborera aussi avec Lewis Trondheim et cela donne Nous sommes tous morts à l'Association, fable philosophique sur la mort dont il écrit le scénario pour remonter le moral de ceux qui avaient peur de la mort, selon son habitude d'enseigner aux autres ce qu'il ignore lui-même. Il travaille ensuite sur les scénarios des dessins animés à partir de la série de Trondheim et Parme, Le Roi Catastrophe, projet pour FR 3 malheureusement resté sans suite.

Il réalise douze albums avec son frère Philippe, plus d'autres qui ne sont pas encore édités. Comme il le dit : « J'ai la chance d'avoir un frère qui est peintre, coloriste, dessinateur, photographe (scénariste aussi de la série L'Ours Barnabé chez La Boîte à Bulles), dessinateur en relief et autres particularités. »

Depuis près de trente ans, Jean-Luc Coudray réalise des strips pour les journaux. Ses personnages ont pris plusieurs formes et plusieurs noms. Il a créé Les Grands Commentateurs pour La Croix. Ses autres strips ont été publiés dans différents quotidiens régionaux. Finalement, il a tout refondu dans les personnages uniques de Béret et Casquette. Ces bandes dessinées ont obtenu « L'As du Strip » en 1991 sur un vote des lecteurs du journal Sud-Ouest qui les a publiés.

Il est également l’auteur de nombreux recueils de textes parmi lesquels Le Professeur Bouc - théories d'un irascible qui réunit des textes humoristiques sur la science. Ce livre, écrit sur presque vingt ans, accumule les théories remettant en cause le savoir scientifique établi. 

Les pulsions de Monsieur André est, lui, un récit mettant en scène un couple de cinquante ans qui découvre, sur le tard, qu'ils ont des pulsions sexuelles et tentent de gérer, au mieux, le problème de la sexualité et celui du vieillissement.

Il a revisité également dans son premier roman l'histoire de Robinson, éclairée sous un scénario nouveau où l'insulaire, dépossédé de lui-même par le traumatisme du naufrage, reconquiert peu à peu son humanité par son rapport avec les morts de l'équipage.

On lui doit également divers textes aussi remarquables que Mister Tock, recueil de nouvelles autour d'un personnage mystique sans croyance, dont le complet veston anglais impeccable assure l'unité, prétexte à des réflexions métaphysiques, un recueil de poèmes en prose (Je n’ai plus besoin de moi), Le Major et les extra-terrestres, recueil de sf parodique des séries télé des années 70 en collaboration avec Emmanuel Reuzé, entre le roman-photo et la BD où les astronefs sont des instruments de cuisine et les villes des circuits imprimés. Ou encore Les pensées truquées, recueil d'aphorismes humoristiques, prépubliés essentiellement dans Psikopat et Fluide glacial. Et même 75 Portraits de fous, composés de 75 délires en une phrase ou deux maximum illustrés par son frère.

Son recueil le plus connu reste cependant Les Lettres d’engueulade. À travers une soixantaine de modèles de lettres d'engueulade, il y reprend un à un les cas les plus courants d'humiliation de la vie quotidienne.

Certains de ses livres sont parus pour la première fois directement en édition japonaise.

Quelques aphorismes et citations :

La laideur est apparue dans le cosmos avec l’homme, et encore pas tout de suite.

Rien n’est propre, rien n’est sale. La saleté, c’est seulement quelque chose qui n’est pas à sa place.

Notre logique : jeter pour nous enrichir.

On vante la jeunesse tout en fabriquant des vieux.

On préfère imprimer des déchets que des livres.

Nous ne sommes pas une société de consommation mais d’achat.

Nous nous droguons à la croissance. Il nous faut des doses de plus en plus fortes.

La décroissance en quelques questions-réponses (extraits) :

ORIGINES

Qu’est-ce que le Parti pour la Décroissance ?

- Il a été créé en avril 2006 par des écologistes et des antipublicitaires venus de la publication de deux revues : “Casseurs de pub” et “La Décroissance”.

D’où vient l’idée de la décroissance ?

- Le principe de freiner la machine industrielle est très ancien et appartient à l’écologie.

- Le Club de Rome publie en 1972 un rapport “Halte à la croissance” qui introduit la notion de croissance zéro.

- Nicholas Georgescu-Roegen, mathématicien et économiste américain, applique la loi de l’entropie à l’économie - la dégradation des ressources naturelles s’oppose à une croissance sans limite - et appelait à une décroissance économique, dans les années 80.

Ce mouvement existe-t-il ailleurs qu’en France ?

- Il marche très fort en Italie, démarre en Espagne, balbutie au Portugal.

DÉFINITIONS

Qu’est le concept de décroissance ?

-   Le concept de décroissance n’est pas une idéologie mais un moyen.

-   Il est limité jusqu’à aboutir à un niveau d’équilibre, il est soutenable.

Qu’est-ce qu’une société de croissance ?

-   C’est plus qu’une société avec de la croissance. C’est une société structurée autour de la croissance. Qu’est-ce que la croissance ?

- C’est la croissance du PIB (Produit Intérieur Brut), c’est-à-dire de la production annuelle de biens et de services marchands. C’est une mesure de la productivité, purement quantitative, qui ne mesure pas les gains ou pertes en bien-être.

   Plus globalement, le PIB mesure les recettes, pas les dépenses. Il ignore la facture de nos productions.

Quand a commencé la croissance ?

- Depuis deux siècles et demi environ. Depuis le début de l’ère industrielle.

Quand a commencé la mondialisation ?

- Non pas avec la mondialisation du marché avec Christophe Colomb mais avec la marchandisation du monde après la chute du Mur de Berlin (1989).

LE FONCTIONNEMENT DU SYSTÈME

Quelles sont les armes du système ?

- La publicité, l’obsolescence programmée et le crédit.

Comment fonctionnent-elles ?

- La publicité, première dépense mondiale après l’armement (500 milliards de dollars par an), pousse à l’insatisfaction.

- L’obsolescence programmée est le sabotage volontaire des produits qui en programme l’usure. - Le crédit endette les ménages pour 80 % du PIB.

« Notre monde est un bijou, mais vu de loin. »
Jean-Luc Coudray

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